Pour vos têtes blondes, brunes, ou rousses, voici un petit conte, diffusé en plusieurs parties, qui leur donnera l’illusion que vous êtes un(e) magicien(ne) et que vous sortez des histoires de votre chapeau aussi facilement que les bières de votre frigo, euh le champagne du seau , bref… très facilement.

Lucy

Il était une fois une souris au pelage gris et luisant, munie d’une petite paire d’yeux bleus vifs, que surmontaient de jolies oreilles d’un rose poudré qui avaient l’air si douces qu’on les aurait bien caressées une petite heure avant de s’endormir. Cette souris s’appelait Lucy et vivait dans une maison rectangulaire, dont elle avait entendu dire, par la petite fille de la maison, que c’était une boîte à chaussures. Pour Lucy, c’était une maison parfaitement proportionnée, disposée au cinquième étage d’une armoire attaquée par les termites, dans un fond de couloir peu fréquenté. Le soir venu, Lucy descendait faire un tour dans la grande maison qui abritait son impasse, euh, son fond de couloir. Elle se laissait tomber de tout son petit poids dans le trou existant entre le coin de l’étagère et le fond de l’armoire, trou que l’on retrouvait à chaque niveau du grand meuble, puisque, par souci d’économie, on avait construit des étagères sans coins, à angles perdus. En moins de temps qu’il n’en faut pour esquisser un large sourire de contentement accompagné d’un soupir de bonheur, Lucy atterrissait avec un léger rebond au milieu d’un tas de vieilles chaussettes dépareillées que l’on gardait pour faire des chiffons. Lucy s’aventurait alors de pièce en pièce, dans cette grande maison blanche qui sentait le pain grillé.

souris Lucy

Elle s’arrêtait d’abord chez Arnold, le petit garçon qui ressemblait tant au grand monsieur de la maison. Sa porte était toujours entrouverte la nuit. Elle se faufilait entre le mur orné de stickers de voitures de courses et de véhicules utilitaires et le grand coffre en osier contenant la grande majorité des jouets du garçonnet. Elle avait songé s’y installer quand elle avait emménagé dans la maison, mais l’enfant ouvrait sans cesse le coffre, de sorte qu’elle eut été sans cesse dérangée . Un vrai cauchemar ! Elle grimpait ensuite le long du pied du lit d’Arnold, puis s’approchait à pas feutrés de son visage. Le bienheureux dormait en général avec un petit sourire, ses lèvres légèrement séparées par un petit souffle sec et rythmé. Arnold avait l’extrême bonté de laisser une généreuse quantité de miettes autour de lui, quand il était à table, et malgré l’irrépressible besoin de sa mère de tout nettoyer, la fatigue la gagnait et elle en laissait toujours un peu.  Pour le remercier, Lucy frottait toujours ses petites oreilles roses sur le bout du nez d’Arnold, ce qui le faisait sourire un peu plus. Après quoi, Lucy s’en allait en courant, dévalait le pied du lit et longeait le coffre en osier jusqu’au couloir. Lucy marquait ensuite un autre arrêt chez Marcy, la petite blonde qu’elle avait entendu prononcer le nom de boîte à chaussures. Marcy avait tout le temps chaud…