Nous, c’est-à-dire le monde occidental dit riche et développé, nous – donc – ne savons plus créer de richesse matérielle. Nous avons été supplantés en cela par les marchés émergents, avides de consommation et dont l’augmentation du pouvoir d’achat est proportionnelle à l’élargissement de la classe moyenne propre au cercle vertueux de la croissance. Eux détiennent encore un potentiel de croissance matérielle, c’est donc ce qui les occupe entièrement aujourd’hui. Au lieu de nous lamenter sur cet état de fait, qui semble irréversible (nous sommes installés dans une société du « thinker-designer » vs. « Producer-manufacturer »), pourquoi ne pas mobiliser nos énergies et nos capacités d’investissement pour bouleverser le seul monde de richesses véritablement à notre portée : celui de la richesse intellectuelle. Par-là, j’englobe aussi bien le domaine hautement concurrentiel de la Recherche & Développement, qui nous permettra de conserver un lien de subordination (le mot est fort) avec le monde des richesses matérielles, mais aussi celui de la spiritualité au sens large et des sciences humaines. Le grand pari est de parvenir à créer la rentabilité de ces richesses immatérielles et de permettre à leurs auteurs d’en vivre. Pour autant, va-t-on simplement vers un monde de penseurs-créateurs d’un côté et d’industriels-usiniers de l’autre ?   Que devient l’armée de tous ceux qui, en Occident et dans les pays riches, n’ont pas accès à la production  de richesse immatérielle ?