Comment raconter la vie passionnante de Madeleine Malraux, ma grand-mère, pianiste-concertiste jeune de 98 ans, veuve d’André Malraux, son ex-beau-frère, épousé en 1948 après la mort de Roland Malraux, son premier mari et grand amour mort en héros de la Résistance ? Celle qui demeura aux côtés du grand écrivain et Ministre de la culture pendant vingt ans et qui éleva ses deux fils aux côtés du sien est aussi la plus discrète, la plus artiste et la plus délicate.

Entre une vocation pour le piano entravée par la guerre, la disparition de Roland, la vie à Boulogne, dans cet étrange hôtel particulier abritant une fratrie compliquée et un homme aussi génial que difficile, les années du ministère, des grands voyages et des rencontres, la mort des deux aînés dans un tragique accident de voiture, la douloureuse séparation, la reprise d’une carrière musicale à New York puis le retour à Paris et l’avènement d’un troisième chapitre dédié aux concerts à travers le monde et à ses petits-enfants, c’est un roman historique en plusieurs tomes qu’il s’agissait de conter…

C’est ce que nous avons essayé de faire, elle et moi, à quatre mains, après de longues heures d’entretien et de recherches, sous la forme d’un journal intime reconstitué, intitulé “Avec une légère intimité”, selon l’une des formules burlesques et spirituelles d’Erik Satie destinées à l’interprète et inscrites sur ses partitions. Fruit d’une coédition Bakerstreet/Larousse, c’est à lire à partir de fin septembre !