En cette période de vacances, qui devrait, en un monde idéal, être synonyme d’aventure, de culture, et même de beauté, trois grâces nécessaires à la fabrique de moments mémorables, je voudrais dire un mot desdites lectures de plage. Oui, ce livre qui traîne dans un sac, dont les pages sont garnies de sable et les coins cornés, mais dont le flyer de soirée qui lui sert de marque-page peine à égaler la vitesse de reproduction des lendemains d’apéro arrosé…

Les lectures de plage sont un mythe, notamment pour les jeunes parents, plus occupés à surveiller leur progéniture ou à chercher ce sommeil réparateur égaré on ne sait où (mais on sait quand) qu’à tenter une dangereuse immersion littéraire. Pourtant, pour la survie de l’intellect, il faut bien que quelques idées traversent les crânes anesthésiés par la baisse de pression, et je fais ainsi le vœu pieux (mais pas bien-pensant) que ces quelques livres accrocheront l’attention de ceux qui ne sont pas dans la situation sus-décrite.

Ainsi, alors que la semaine dernière je parlais de Steinbeck, c’est maintenant au grand Michael Lonsdale que je pense, et à ce voyage en lui-même qu’il propose avec “En chemin avec la beauté”, recueil intime des émotions picturales, théâtrales et cinématographiques qui l’ont accompagné tout au long de sa vie. Dans ce livre illustré, qui se picore, un sourire aux lèvres, avec émerveillement et gourmandise, Michael Lonsdale partage son rapport très personnel à l’art, moteur de son jeu et de sa carrière d’acteur mais aussi de ses choix de vie et même de sa foi. Une inspiration éclectique et généreuse, de Chagall, conteur d’histoires, à Carl Theodor Dreyer (réalisateur danois) en passant par Caravage, Van Gogh, Bruegel, Munch, Thérèse de Lisieux et bien d’autres.

Le livre parfait à (s’) offrir pour aborder la fin de l’été sur une note sensible et pure.

“En chemin avec la beauté”, de Michael Lonsdale. Ed. Philippe Rey, 2012.
 
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