Etre(s) de Guadeloupe

 

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Céline Malraux, Hélène Valenzuela, ed.Orphie 

Tout est dans le pluriel. Le “s” ajouté à “Etre(s)” suppose que cet ouvrage aspire à mettre en valeur des personnes de chair et d’os mais aussi à révéler, en ce début de XXIème siècle, le dénominateur commun d’une appartenance à ce papillon rare et complexe, qui ne sait trop s’il est de l’Atlantique ou des Caraïbes et qui se nomme Guadeloupe.

Les personnes que j’ai choisies, dans l’ombre ou dans la lumière, ont un parcours exemplaire, une personnalité originale ou encore un engagement pour une cause. Toutes ont en commun d’œuvrer pour la Guadeloupe, sur place ou ailleurs (à Paris, New York, etc.) Cela va ainsi des héros du monde associatif aux artistes les plus emblématiques de la culture créole, en passant par des chefs d’entreprise ou des agriculteurs, dont les portraits assemblés nous aident à définir l’expression « être de ».

Tout simplement, nous avons cru en l’idée lancée dans le sens du vent que cette addition fantasmée de leurs personnalités pouvait résulter en un tableau vivant représentant l’abstraction d’une identité. Et, la vie le confirme : les alizés soufflent sans tarir.

Avec une légère intimité : Le concert d’une vie au cœur du siècle

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Céline Malraux, Madeleine Malraux.

(Éditions Baker Street : Cynthia Liebow, Éditions Larousse : Carine Girac-Marinier)

C’est lors d’un concert donné par la talentueuse Madeleine Lioux que Roland Malraux la découvre. Rencontre fulgurante et décisive. Mais bientôt le drame va frapper le jeune couple. Résistant de la première heure, il est capturé par la Gestapo, alors que, mariée depuis un peu plus d’un an, elle attend leur premier enfant. Elle ne le reverra plus et il ne connaîtra jamais son fils.

Le malheur la rapproche petit à petit de son beau-frère, l’écrivain André Malraux, touché lui aussi par une tragédie. Deux ans plus tard ils se marieront. De toutes les femmes dans la vie d’André Malraux, Madeleine, la plus discrète, est sans aucun doute celle qui, pendant plus de vingt ans, a partagé les moments les plus marquants de la vie de l’homme de lettres devenu ministre. À ses côtés dans les plus grands triomphes comme dans les pires épreuves, c’est elle qui l’accompagne dans les voyages officiels, et surtout aux États-Unis où une magnifique entente s’établira entre les couples Malraux et Kennedy. Et, de livre en livre, c’est elle qui l’aidera à bâtir son oeuvre sur l’art. Dans les années 1960, quand Madeleine et André se sépareront, elle reprendra le fil de sa vie de musicienne à New York. Travaillant aux côtés du grand Isaac Stern et du brillant George Balanchine, elle accompagnera même les danseurs du New York City Ballet. Plus tard, c’est le Japon qui la réclamera.

De ce récit fascinant qui mêle histoire, art, politique et culture, ressort le portrait d’une femme « belle, pure, et éternelle », comme le lui disait son amie Jackie Kennedy, et d’un être qui a su faire du don de soi un des plus beaux arts. Cet ouvrage, enrichi de nombreux documents d’époque issus des archives familiales et de très beaux fac-similés, dresse aussi le portrait d’un siècle passionnant, dont Madeleine ressuscite le parfum.

Mind your Eyes

mind your eyes

Il y a quelques années, j’ai eu la chance de rencontrer YZ (prononcer “eyes”), un street artist talentueuse avec laquelle il y a tout de suite eu à la fois une évidence et la conscience que nous avions des choses à faire ensemble. YZ m’étonne toujours : elle est à la fois prolifique, extrêmement travailleuse et d’une curiosité rare. C’est un peu cela et mille autres choses qui la rendent si créative et libre d’esprit ! Nous avons alors décidé de créer Mind Your Eyes, une collaboration street art-poésie, dont le premier projet se penchait sur la figure imaginaire d’une parisienne, “Diary of a Parisienne”… Depuis, j’ai écrit un livre sur l’oeuvre d’YZ, qui vous en dira peut-être un peu plus…