Quelles sont les impulsions dont s’échappe la créativité ? Comment la susciter ? Comment la dompter ? Peut-on la juger et si oui, comment ? Toutes ces questions restent, pour moi, de vastes champs d’exploration. Et comme j’ai décidé de ne pas y aller toute seule, j’embarque de temps en temps quelqu’un dont le regard m’est précieux.

Cette semaine, c’est Anne de La Baume qui fait à mes côtés un petit bout de route sur le chemin de la réflexion. Anne de La Baume est déléguée générale de la Fondation pour la Vocation, créée il y a plus de 50 ans par Marcel Bleustein-Blanchet, le fondateur de Publicis. Cette fondation remet des bourses à des jeunes très motivés et méritants pour qu’ils puissent terminer la formation qui les conduira à exercer le métier de leur choix. De par son engagement et ses passions, Anne est confrontée à la créativité au quotidien. « Mon métier est passionnant, raconte-t-elle, parce qu’il me met en contact avec des personnes de toutes disciplines, motivées, passionnées, volontaires, pour qui les difficultés rencontrées sont davantage des accélérateurs de réussite que des raisons de baisser les bras. » Elle répond ici à quelques questions. Merci Anne !

 1/ Qu’est-ce que la créativité à tes yeux ?

C’est l’expression de soi, de ses connaissances, de son imaginaire et la projection de ces éléments dans la réalisation d’un projet quel qu’il soit, artistique comme politique, pour aller d’un extrême à l’autre !

2/ Quelle est la part de créativité nécessaire dans le “labeur” quotidien d’un artiste ? 

Pour un artiste, je parlerai plutôt d’inspiration que de créativité. Pour lui, la difficulté ou le “labeur” est une recherche pour arriver à la transcription  de son inspiration dans la matière qu’il travaille, pour donner corps à l’œuvre.

3/ Comment être créatif quand on doit être créatif ?

En cherchant au fond de soi l’émotion.

4/ On cherche tous les leviers de notre propre créativité. As-tu identifié des lieux/personnes/moments nourrissant ou ressourçant ta créativité ?

Principalement l’amour, très loin devant et en permanence. Par moments la colère, la peine profonde, la mort imaginée ou réelle. La musique. Les déserts.

5/ Parviens-tu à mettre ce ressourcement en œuvre sur commande, quand tu en as besoin ?

Sur commande, c’est beaucoup dire, mais en le décidant, avec un démarrage plutôt lent et mille choses auxquelles je donne une urgence de convenance à faire avant, oui.

(Au centre, Anne de La Baume. A gauche, Philippe Petit, qui a fait la traversée des tours du World Trade Center, dont a été tiré le film « A man on wire »,Oscar du meilleur film documentaire 2009). A droite, la comédienne Agathe de La Boulaye.