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Philippe de Champaigne, La Vanité ou Allégorie de la vie humaine, 1646

On en manque, il nous déserte, il nous fait défaut, nous tend des pièges… Mais qui est cet ennemi tout-puissant qui se joue de nous à chaque instant ? Le temps, bien sûr (ce n’était pas une charade). Grand sujet de philo, le temps… Je laisse à Hegel l’intelligence de nous prouver que nous ne pouvons vivre le présent. Luc Ferry toutefois, revient à une philosophie du temps présent (et avant lui les Epicuriens, les Bouddhistes, les New Age, etc.) et appelle à une vie bonne, à un recentrage sensible faisant appel à notre libre-arbitre, permettant de donner du sens à notre finitude au moyen d’une spiritualité laïque. J’aime ce concept de la vie bonne. Car la notion de temps est intimement liée à celle de mort : on voudrait conjurer par une boulimie de choses accomplies l’angoisse de ne plus être, un jour.

Une chose est sûre, le temps n’existant pas en tant que tel (ou de façon anecdotique) mais seulement en tant que perception, nous pouvons agir. Il nous suffit en effet de considérer que le temps n’est pas un ennemi, mais un ami, que nous avons assez de temps pour, que nous voulons garder du temps pour, que nous allons prendre le temps nécessaire pour. En effet, à force de somatiser le manque de temps, on accroît les affres de notre condition. On bâcle tout, on conduit trop vite, on néglige ses enfants, on se nourrit de surgelés, on remet à un autre jour tout en portant l’angoisse de ne pas y arriver. Bref, on multiplie les occasions de se faire du mal. Si par exemple on se disait que l’on ne doit jamais se hâter lorsqu’on est en retard, on limiterait le risque de laisser ses clés à l’intérieur, de glisser dans les escaliers, d’oublier son passeport, de glapir sur son conjoint ou même d’être responsable d’un accident de voiture.

En partance pour une retraite dans un monastère trappiste, je vais méditer sur le temps. Non, en fait, je vais faire comme d’habitude et pleurer sur mon débordement permanent, mais peut-être qu’avec un peu de courage, ces bonnes idées figureront parmi mes résolutions 2014…

A vous maintenant, j’aimerais bien savoir quelle est votre définition du temps libre !

PS : je ne pars pas chez les Trappistes, mais, pour être honnête, je ne serais pas contre.