Big-Ben-clock

 

Ce n’est pas parce que c’est l’été, que l’air est au renouveau et que les gens pensent davantage à se reproduire que je pense à ça. Ça quoi ? L’inutile sanctification de nos décisions ! Une certaine apologie de la légèreté ! En fait, le récent festival Terre de Blues m’a rappelé la grande diversité des styles musicaux que j’avais aimés et défendus (du classique au dub et au reggae en passant par la bossa nova et l’électro) et soudainement, il m’est apparu qu’à chaque époque de ma vie correspondait un style musical…  J’avais parlé du temps, il y a quelques mois, et de la nécessité d’en faire un allié. Aujourd’hui, je voudrais évoquer plutôt ces nombreuses vies que contient notre propre vie. Notre capacité à nous réinventer. Nos potentiels d’apprentissage. Et la force de l’amour pour nous accompagner tout au long des chapitres du grand livre que chacun écrit sans s’en rendre compte.

La trentaine passée, on se dit que l’on est une personne finie et que les bases, affectives, professionnelles, personnelles, on les a posées. Que maintenant, il est temps d’approfondir. De vivre ce pour quoi on était fait. En fait, ce sentiment est une histoire que l’on se raconte à soi-même pour une raison que je n’ai pas encore cernée. Ou est-ce une histoire que la société nous raconte ?

Autour de nous, il est évident que la seule constante est le changement. Or, nous nous excluons de ce changement, comme si nous étions des aliens plantés profondément dans un bloc de ciment et que la seule évolution possible était la décomposition. A la trentaine, à la quarantaine, nous avons déjà eu plusieurs vies, parfois même plusieurs mariages. Et pourquoi cela devrait-il changer ? Pourtant, quand nous nous regardons dans le miroir, nous nous voyons comme des personnes complètes, comme dans le chapitre principal – en intensité, en longueur – de notre vie. Mais dans dix ans, n’est-il pas à parier que nous verrons ce que nous vivons aujourd’hui comme un épisode plus ou moins heureux, et que nous serons déjà, en partie, d’autres personnes ? Et à quatre-vingts ans ? Il est probable que nous penserons encore à ce que nous faisions dix ans plus tôt avec distance et sans doute le sentiment d’avoir été alors bien différent. Il me semble que le temps est une force infinie, qui nous porte, nous nourrit et nous donne la force d’accepter les difficultés et de nous réinventer sans cesse.

J’y pense, parce que nos décisions, aussi lourdes soient-elles chaque jour, seront de toutes façons inscrites sur une autre grille de lecture dans quelques années. Et plutôt que porter au quotidien le poids du doute et de l’angoisse dès qu’un nouveau choix se présente, nous devrions croire en nous-mêmes, savoir que nous ne sommes pas au bout de notre potentiel et profiter du présent.

Il me semble tout de même que dans ce magma instable et intense qui caractérise notre existence, seuls l’amour, la générosité et la bonté ne prennent pas une ride. Comment regretter les décisions prises sur la base de ces motifs ? Même si ces sentiments sont un jour déçus, ils sont irréfutables ! Je pense aussi aux coups bas, les pires, les plus sournois, que la vie réserve, hélas, également. Le poids de la perte, de l’absence permet parfois, avec le temps, de devenir une meilleure personne, de découvrir que le pardon c’est l’amour de l’autre et de soi, et pour ceux qui ont le talent du bonheur, de devenir plus heureux. Alors un mot : confiance ! Et musique avec l’incroyable Flavia Coelho, ma plus récente découverte qui résume à elle seule plusieurs chapitres de ma vie…