Posts from the “Food for thought…” Category

En 2016… “la grande affaire est de vivre…”

Posted on January 1st, 2016

max jacob à paris

Bonjour 2016 ! Dans l’obscurité, on cherche la lumière, c’est pourquoi je souhaite que 2016 nous apporte légèreté, art, jeu et confiance (en soi, en les autres) La conscience que “la grande affaire est de vivre”, pour paraphraser Max Jacob, voilà l’essentiel !

“Au fait, tout cela est inutile. La grande affaire est de vivre, de vivre par l’imagination et la poitrine et d’inventer, de savoir, de jouer. L’art est un jeu. Tant pis pour celui qui s’en fait un devoir.”

Conseils à un jeune poète (Gallimard). Max Jacob.

Laissons les martyrs là où ils sont, c’est à dire dans le silence éternel de l’insignifiance (Paul Valéry disait: “Le martyr : j’aime mieux mourir que de… réfléchir“) et profitons de chaque nano-seconde de la vie.

2016, vivre “par l’imagination et la poitrine” ?

jacob par picasso

Wild Idea, écrire les espaces sauvages !

Posted on November 24th, 2015

Festival-Ecritures_01
« Wild Idea, écrire les espaces sauvages »…
Passionnant, non ? C’est tout à fait ce que je pense de cette rencontre avec l’auteur Dan O’Brien, prévue samedi 28 novembre à 17h à Pointe-à-Pitre… Cet échange avec l’un des invités d’honneur de l’excellent Festival Ecritures des Amériques me réjouit au plus haut point… Si d’aventure – car il s’agira de cela – vous passiez par “La Pointe”, n’hésitez pas à nous rejoindre : nous voyagerons à travers les Grandes Plaines américaines, en compagnie de troupeaux de bisons et à l’ombre des ailes déployées des faucons pèlerins, nous parlerons poésie, liberté, écologie, militantisme…
Voici le pitch :
“Conversation : Dan O’Brien et Céline Malraux
Pavillon de la Ville / Place de la Victoire, Pointe-à-Pitre
Dans la salle Chevalier Saint-Georges, de l’ancien hospice Saint-Jules réhabilité en lieu d’échanges culturels, la journaliste et auteur franco-américaine Céline Malraux et, l’écrivain américain Dan O’Brien, dont le best seller : Rites d’automne est emblématique du Nature Writing, parcourent le récit d’une expérience unique sur les territoires indiens et une réflexion sur la force poétique des grands espaces, l’âpreté de la solitude et sa force créatrice.

Mon (autre) moodboard du moment

Posted on September 23rd, 2015

Cannibalisée par la servitude qu’impose le pragmatisme du quotidien, auquel je tente d’échapper par mille ruses pour me tenir à l’écriture, je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à mon blog ces jours-ci. Pardon à ceux qui me faisaient la grâce d’y jeter parfois un œil, ils doivent être un peu déçus ! Fi des mots, donc ! Cette fois-ci ce sera par l’image que je leur enverrai un peu de cette matière personnelle que j’essaie de communiquer. Voici mon moodboard du moment, en écho avec celui d’il y a près de deux ans, qui rassemble les permanences roboratives de mon champ de vision : Tête de Christ cloutée (une œuvre étonnante de l’artiste guadeloupéenne Félie-Line Lucol), adorable chien géant Nash, petit manguier généreux, ma banquette de travail, cette carte de vœux envoyée à ma grand-mère par le talentueux peintre Serge Courte.

moodboard 2015

Lire en regardant le paysage…

Posted on July 5th, 2015

livre audio

 

 

Je suis fort absorbée en ce moment par d’autres formes d’écriture que ce présent blog et manque à l’assiduité qu’il mériterait, aussi je m’en excuse. Pour autant, j’ai toujours envie de parler de livres, et cette fois, d’un genre de livres un peu particuliers que sont les livres audio. J’avoue un faible assumé pour les livres audio, et particulièrement quand je conduis, ce qui m’arrive plus souvent qu’à mon tour. Je passe beaucoup (trop) de temps dans ma voiture, et pour transformer ce qui m’apparaissait comme une nuisance et un détournement de moi-même en un moment privilégié, les livres audio font office de miracle. Il est utile de préciser que mes trajets se font dans un cadre rustico-bucolico-tropical, et que je ne suis absolument pas soumise à la frustration du trafic citadin. De ce fait, j’ai une excellente qualité d’écoute en voiture ! Les grandes vacances ayant commencé, il m’a semblé opportun de contribuer à faire de ces transhumances autoroutières la possibilité d’une évasion de l’esprit, de l’âme et même la matière de belles conversations pour les longues soirées d’été.  Il existe maintenant une étonnante quantité de livres sous format audio, et j’en ai écouté un panel varié allant de La Bruyère à Modiano, ce qui m’a amenée à la conclusion suivante : à l’écoute, ce que j’aime le mieux, ce sont les textes littéraires plutôt modernes et les conférences de philosophie. Voici donc ma sélection (dans le désordre) !

 

PS : je crois que l’écoute d’un livre audio n’est pas encore considérée comme un délit au volant, profitons-en !

 

Lettres à un jeune poète de Rilke (lu par Laurent Terzieff)

Philosophie du temps présent, de  Luc Ferry

Le Mal, André Comte Sponville et Michel Terestchenko

Alice au Pays des Merveilles, narré par Anoux Grinberg et Daniel Prévost (on ne s’en lasse pas et les enfants adorent ! Toute la finesse du texte y éclate, c’est excellent !)

Qu’est-ce qu’une spiritualité sans Dieu, A.Comte Sponville

Alabama Song par Gilles Leroy, dit par Fanny Ardant (le roman de Leroy sur Zelda et Scott Fitzgerald, leur liaison fascinante et explosive au coeur des années 20..)

Fragments d’un discours amoureux, de Barthes, dit par Luchini

Dans le café de la jeunesse perdue, de Modiano, dit par Denis Podalydès

Découvrez la biologie de l’esprit !

Posted on March 19th, 2015

onbeing

 

Connaissez-vous Krista Tippett ? Moi non plus. Pourtant, j’ai découvert sa voix, que j’adore. Elle a une voix douce, claire, et le rythme de ses mots berce une parole sensée, ou du moins, en quête de sens. Krista Tippett anime un show appelé “On Being” (“qu’est-ce qu’être ?”), sur la radio publique américaine (différentes stations).
Je sais, c’est injuste pour ceux qui ne maîtrisent pas trop l’Anglais, mais je les enjoins tout de même à écouter, car il se pourrait bien qu’ils comprennent malgré tout et que leur journée en soit illuminée.
Il s’agit d’une conversation avec Sherwin Nuland (1930–2014), un chirurgien et professeur en Bioéthique, Histoire de la Médecine et Médecine à l’Université de Yale, auteur de plusieurs livres sur le sens de la mort et donc, celui de la vie, conversation portant sur la biologie de l’esprit. Passionnant de l’entendre expliquer comment la compréhension de la physiologie humaine mène à une réflexion sur le sens de la vie !

Ecoutez sur ce lien  et en voici aussi la transcription, pour ceux qui auraient plus de facilité à lire qu’à écouter…

Quant à moi, je m’empresse de me procurer les livres de M. Nuland !

 

La laïcité et les enfants

Posted on February 11th, 2015

religion_enfants

 

La laïcité, on n’a plus que ce mot à la bouche. Sommes-nous bien laïcs ? Chacun fait ou croit faire son examen de conscience. Et pratique volontiers des procès d’intention, le plus souvent sans grandes conséquences. Les couteaux s’affutent, chacun se voit sommé de choisir son camp, et bien que les belligérants prisent souvent davantage le plaisir d’argumenter que l’attachement à leurs idées, quelques voix d’intérêt sortent du brouhaha ambiant.

 

D’un côté, Elisabeth Badinter pourfend la bien-pensance en lançant tout récemment dans Marianne – bien que ses prises de position sur la question ne datent pas d’hier-, un consistant pavé dans la mare : elle renvoie la gauche à ses contradictions et reculades sur les valeurs laïques qui forment son socle le plus ancien et, par là-même, lui demande d’admettre sa responsabilité dans la dérive d’une société où chacun existe non pas parce qu’il pense (“Cogito Ergo Sum” comme l’affirmait Descartes), mais par ce qu’il croit : “Credo Ergo Sum“.

 

De l’autre, cris d’orfraie de Jean Baubérot, Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’École pratique des Hautes Études, qui accuse Badinter de se faire l’avocat du diable, de lepeniser la laïcité, de n’avoir rien compris à la signification de la laïcité historique, de détester tout bonnement les religions et de vouloir cantonner les pratiques religieuses à la sphère intime. Pire, Badinter ne traite pas toutes les religions de la même façon, les catholiques sont trop épargnés : “Madame Badinter reproche à la gauche d’émettre «l’équation suivante: défense de la laïcité égale racisme»; mais promouvoir cette laïcité-là, dévoyée, falsifiée, c’est effectivement du racisme ou du moins de la xénophobie: quand les JMJ se sont tenues à Paris, ou lors de la venue de Benoît XVI, avec une grande messe sur le champ de Mars où assistaient maints ministres, l’extrême-droite a-t-elle crié à l’atteinte à la laïcité? Non, et elle ne le ferait pas plus aujourd’hui qu’hier car elle tente de récupérer le catholicisme comme élément identitaire, comme racine culturelle de la Frrrance. Elle n’est pas la seule d’ailleurs: c’est une vieille idée nationaliste depuis Maurras.

 

L’article de M. Baubérot date de 2011, alors que celui de Marianne, ouvrant ses pages à Elisabeth Badinter date de l’après-Charlie. Cela fait tout de même une différence, il me semble, quoique les deux articles méritent d’être lus. Pour ma part, n’ayant pas plus d’affinités avec les idées d’extrême-droite qu’avec les grenouilles de bénitiers, je me demande tout de même pourquoi il est obscène de dire que le catholicisme fait partie des racines historiques et culturelles de la France. Le christianisme, devrait-on dire. Mais est-ce pour autant un gros mot ?

 

Ma compréhension de la laïcité dans l’espace public m’entraîne plutôt vers une zone de neutralité dans laquelle les signes ostentatoires d’appartenance religieuse ne sont pas les bienvenus car ils deviennent des signes distinctifs, donc de séparation des individus. La réalité de la laïcité, c’est qu’elle est très complexe à mettre en œuvre, où que l’on soit dans le monde. Et il me semble que la France, jusqu’à ces dernières années, s’en sortait plutôt bien. Jusqu’à la montée progressive,  d’autant plus insidieuse que niée par ceux qui craignaient de faire le jeu de l’extrême-droite, du fondamentalisme islamiste.

 

Le débat sur ce que doit être une société laïque n’a donc pas fini de s’imposer à nous, et parfois avec la plus extrême violence, hélas. C’est la raison pour laquelle le livre “Comment parler de religions aux enfants” (Véronique Westerloppe – Editions Le Baron Perché – 2010)  me semble intéressant. Son préambule rappelle que Régis Debray, dans “L’Enseignement du fait religieux dans l’école laïque” (un rapport au Ministre de l’Éducation nationale en 2002), insistait sur le fait que l’on ne pouvait séparer principe de laïcité et étude du religieux. Très didactique, ouvert à toutes les religions, portant un regard objectif sur les grandes questions d’histoire et de dialogue, cet opuscule est un incontournable, et pas que pour les petits !

 

L’émotion des Voix de Femmes…

Posted on January 29th, 2015

venus_khoury_ghata

 

Les “Voix de Femmes“, grâce au spectacle créé par Eléonore Dyl et Mathilde Schennen (production Theater France), continuent de résonner et de voyager à travers le monde, et leurs prochaines escales donneront l’occasion aux résidents de Washington D.C, dans le cadre du Festival de la francophonie 2015, le 6 mars au Ripley Center/Smithsonian, d’entendre ces poèmes forts, méconnus, émouvants, écrits par des femmes du monde francophone (du Mali, de Côte d’Ivoire, de Suisse, d’Haïti, du Burkina Faso, d’Algérie, de Belgique, du Québec, des Antilles, du Congo, du Sénégal, du Cameroun, du Liban), poèmes d’hier et d’aujourd’hui entrecoupés de la musique malienne d’Awa Sangho.

 

Je vous livre ici l’ouverture du spectacle, en guise de mise en bouche, espérant qu’un jour ou l’autre, vous aurez l’occasion de venir le voir.

PS : “Voix de Femmes” sera aussi donné à Columbia University, NYC, le 11 mars ! Save the date !

 

Vénus Khoury-Ghata (Liban)

in “Compassion des pierres”

 

SANS TITRE

 

Les mots je le sais maintenant déclamaient du vent à

l’époque

à part les cailloux il y avait des lunes mais pas de lampes

les étoiles sortirent plus tard d’une empoignade entre deux

silex

 

Cinq cailloux pour tout vous dire

un par continent

assez vaste pour contenir un enfant de couleur différente

 

Il y avait donc cinq enfants mais pas de maisons

des fenêtres mais pas de murs

du vent mais pas de rues

le premier homme portait une pierre autour du cou

 

Il fit un arrangement avec le premier arbre

un chêne si mes souvenirs sont bons

celui qui arrivait avant l’autre buvait l’océan

 

Le langage en ce temps-là était une ligne droite réservée

aux oiseaux

la lettre “i” fente de colibri femelle

“h” échelle à une seule marche nécessaire pour remplacer

avant la nuit un soleil grillé

“o” trou dans la semelle de l’univers

 

Contrairement aux consonnes aux vêtements rêches

les voyelles étaient nues

tout l’art du tissage consistait à ménager leur susceptibilité

le soir elles se comptaient entre elles pour s’assurer

qu’aucune ne manquait

dans les pays caillouteux les hommes avaient un sommeil

sans rêves

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Contre les communautarismes

Posted on January 10th, 2015

 

La liberté dévoilée Gaudriault_Rancinan

“La Liberté dévoilée”, extraits de “Métamorphoses” de Rancinan et Caroline Gaudriault
© Gérard Rancinan

Je suis atterrée par les réactions épidermiques, fières sans raison autre que celle de pouvoir parler haut et fort devant un public acquis -et ils ne connaissent apparemment pas le prix de cette liberté – émanant de communautaristes clamant qu’ils ne sont pas Charlie, qu’ils ne sont pas concernés, que Charlie ne défendait pas leurs valeurs. Mais la liberté d’expression, n’en font-ils pas usage en ce moment même ? D’abord, “Charlie”, ce n’est pas le journal en soi. Ce n’est pas 5-12-20 personnes. C’est nous tous parce que c’est notre attachement aux libertés qui est cruellement mis à l’épreuve, et d’une façon qu’on n’avait pas vue depuis belle lurette. Ceux qui ne comprennent pas cela doivent d’urgence se trouver un cerveau.

 

Je suis également atterrée par ceux qui pensent que Charlie Hebdo l’avaient “bien cherché”. Quand on entend le niveau dialectique des terroristes, il est évident que ce qui les intéresse, c’est avant tout de tuer. Au nom d’Allah, c’est plus confortable. Je l’ai dit dans un précédent post, la satire est une expression immédiate du rire, et de la distanciation nécessaire de l’homme face au monde qui l’entoure par le biais de l’humour. Autrement dit, si le rire est le propre de l’homme, la satire est un moyen naturel de l’homme pour appréhender son environnement. Tuer quelqu’un pour une blague n’a aucun sens et signe la volonté de tuer pour faire taire, pour terroriser. C’est le voyou qui veut faire croire que vous avez insulté sa mère pour vous casser la figure et vous prendre votre porte-monnaie, sauf que cette fois-ci, le voyou a des excuses : on a insulté le prophète. On n’a pas insulté les dévots qui font l’économie de la réflexion devant la religion, non, on a insulté le prophète… Sans rire…

 

Par ailleurs, tous ceux qui brandissent Dieudonné en hurlant à l’injustice – il y aurait deux poids deux mesures dans le traitement de la liberté d’expression – me débectent. Dieudonné a le droit de caricaturer un colon juif, la preuve c’est qu’il le fait et que personne n’est allé l’assassiner. Par contre, quand il fait l’apologie du négationnisme, on lui coupe le micro. “Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire“, disait Boileau. Car oui, l’incitation à la haine est un crime.  Charlie Hebdo n’était pas un artisan de la haine, il était celui qui met volontairement les pieds dans le plat en riant pour enquiquiner le monde et surtout pour faire réfléchir. Pour parler en riant de choses très graves.  Y a-t-il un espoir pour que ces personnes qui refusent le dialogue comprennent que Charlie Hebdo ne caricaturait pas l’Islam mais s’amusait de tout, entre autres de la stupidité des extrémismes, sur un fond d’anticléricalisme qui ne souffrait aucune exception ? L’antisémitisme resurgissant à l’aune de ce prétendu rééquilibrage donne la nausée tant on voit qu’il n’attendait que cela pour resurgir sous les applaudissement décérébrés de courageux anonymes (ou presque, en tous cas cachés derrière leurs claviers). Celui qui dit je suis Ahmed, je suis Clarissa, je suis je suis je suis,  utilise un mode de pensée binaire ramenant tout à sa propre personne. Moi, Arabe, je veux dire qu’un Arabe est mort également à Charlie Hebdo. Moi, Noire, je tiens à rappeler qu’une Noire est morte aussi gratuitement. Pourquoi se borner au communautarisme le plus basique alors que ce qui est en jeu, ce n’est pas la couleur de peau des gens qui sont morts, mais les vies gâchées par le terrorisme et le djihad ? Toutes ces vies d’innocents ont autant de valeur les unes que les autres. Nier cela, c’est faire corps avec les extrémistes. Térence, poète de l’Antiquité né esclave, l’avait déjà affirmé dans l’une de ses pièces : « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Comme le dit l’historien et critique d’art Stéphane Guégan dans son dernier article (sur un autre sujet portant à controverse, celui de la théorie du genre) : “Le propre des tyrannies modernes, celles qu’on dit libératrices, ou purificatrices, est d’avancer masquées. Que leur fonds de commerce soit la religion, le sexe ou la politique, le machiavélisme y a pris des proportions dantesques.

 

Aujourd’hui, ceux qui jettent de l’huile sur le feu, marquant fièrement leur anti-solidarité, capitalisant sur ces attentats pour argumenter leur propre victimisation, annoncent qu’ils se satisferont, demain, des divisions accrues, de la fin des libertés – si fragiles – et du fait que les Arabes, les Homos, les Franc-Maçons, les Juifs, les Noirs, les Blancs, les Jaunes, les Rouges, bref, l’Autre, on n’en veut pas. J’espère ne pas assister à l’avènement de ce monde, qui sera, hélas, le temps de vains regrets. A moins qu’ils n’aient toujours pas compris leur responsabilité, ce qui est finalement assez probable, au vu de la médiocrité de leur rhétorique.

 

L’amour plus fort que la haine

Posted on January 7th, 2015

vive la france wolinski

 

Aujourd’hui, reporter de guerre, c’est en Irak, en Syrie, en Lybie, en Afghanistan mais aussi au cœur de Paris. On se croyait protégés. A l’abri de l’obscurantisme, malgré les signaux d’alarme tirés çà et là pour dire la montée des fondamentalistes. Mais avec le lâche assassinat – une véritable exécution – de l’équipe de Charlie Hebdo, il est clair que notre liberté d’expression, la première de la Déclaration de 1789, est véritablement en danger. Le problème, c’est que jusqu’à présent, cette notion de danger, c’était l’abstraction, le flou, ça voulait tout et rien dire à la fois, un peu comme à chaque fois (ou presque) qu’on utilise le mot démocratie. Un peu comme à chaque fois qu’on dit que les Français sont pessimistes. Une sorte de généralité.

 

Avec la tragédie de l’attentat contre Charlie Hebdo, s’impose la puissance des idées et des mots. A ceux auxquels ils font défaut, ceux qui ne peuvent opposer une idée à une autre, ne reste au combat que les armes. Oui, la satire peut être violente, oui elle a des cibles. Mais quelque part, se sentir remis en question dans son âme par une galéjade, est-ce bien sérieux ? Une kalachnikov contre une blague, voilà le monde dans lequel les fous d’Allah  voudraient nous faire vivre. Ils pensent avoir tué Charlie Hebdo ? Ils ont surtout réussi à mettre en évidence l’attachement viscéral de la France à l’idée même de la satire, qu’elle soit politique ou sociale.

 

Parce que la liberté d’expression et la liberté de penser vont de pair. Les régimes autoritaires ne s’y trompent d’ailleurs pas et s’y attaquent en premier lieu. DansQu’est-ce que s’orienter dans la pensée“, Kant dit cela : La liberté de penser se prend aussi dans ce sens, qu’elle a pour opposé la contrainte de la conscience. Cette contrainte a lieu lorsque, indépendamment de tout pouvoir extérieur dans les affaires de religion, des citoyens se posent en tuteurs à l’égard d’autres citoyens, et qu’au lieu d’arguments, par des formules de foi obligatoires, accompagnées de la crainte poignante du danger d’une investigation personnelle, ils savent, grâce à une impression faite à temps dans les esprits, bannir tout examen de la raison.”

 

Il y a presque huit ans, quand Charlie Hebdo a été relaxé à l’issue de son procès pour la publication en 2006 des dessins de Mahomet, les juges ont rappelé que le blasphème n’était plus réprimé dans la loi française depuis 1881, et que «Dans une société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions, quelles qu’elles soient».

 

Les haines perdurent. Mais si, en pied de nez, Charlie titrait vaillamment “L’amour est plus fort que la haine”, il lui fallait plus qu’un esprit bravache, il fallait du courage, chaque semaine, pour continuer à défendre par les actes l’idée qu’on a le droit de rire, et, d’à peu près tout, même des curés, des rabbins et des imams. Personne ne vous force à rire, du reste, et personne ne vous force à regarder Charlie Hebdo. La clé, c’est l’intention de nuire à autrui. C’est là que la liberté d’expression trouve ses limites. Mais Charlie ne transgressait pas cette ligne de la calomnie personnelle, ou quand il s’en approchait, c’était pour déposer en garnements quelques clous sur la route d’idées véhiculées.

 

Si le monde se presse en cette heure autour de la France, c’est sans doute qu’il sait qu’en son cœur repose une très haute idée de l’Homme, une idée universelle de la liberté, qui n’a pas de prix, qui ne se vend pas sur les marchés, et qui – quel que soit son rang de puissance mondiale – reste plus que jamais son bien le plus précieux. Ne le laissons pas aux mains de ceux qui assoient leur volonté de domination par la terreur. Il y a fort à parier que les têtes de Charlie Hebdo auraient voulu que l’aventure de l’humour contre l’absurdité et la haine continue plus que jamais, et que le canard ne change surtout rien. Vive Charlie Hebdo !

Close your eyes, make a wish (and blow out the candlelight…)

Posted on December 31st, 2014

Nuit étoilée sur le Rhône - V. Van Gogh

 

 

A ceux qui délaissent avec soulagement la chasuble 2014 comme à ceux qui y ont puisé plus de joies que de moments difficiles, je souhaite pour 2015 une année de retour vers le présent (mais pas vers l’instantané, l’embûche de notre époque).

Ce passage rituel et symbolique du Nouvel An n’est qu’un heureux prétexte pour se remémorer la rareté du temps et la nécessité d’en faire un usage sensé, c’est à dire auquel chacun d’entre nous, à sa façon, peut donner un sens particulier. En ce qui me concerne, j’ai 4 résolutions à mettre en œuvre, dont la difficulté – justement – tient surtout à leur rapport intime avec le temps.

 

1. Repousser le moment des (petites) gratifications. Elles n’en seront que plus savoureuses et l’effort de travail et de concentration en sortira grandi (enfin j’espère… je peux toujours garder une plaquette de chocolat de secours dans mon tiroir de bureau).

2. Dire non. Non aux sollicitations inopportunes et à ce qui me fait dévier outre-mesure de mes priorités.

3. Me réserver des moments de vide chaque jour. Nécessaire pour trouver de quoi le remplir.

4. Dire oui. A l’imprévu, à ce qui m’emmène loin de ma zone de confort et me réserve des surprises.

 

Et vous, quels sont vos souhaits pour 2015 ?

HAPPY HAPPY 2015 !

Du zoo humain, de la censure et de la morale

Posted on November 28th, 2014

venus noire

 

Alors qu’enfle la polémique sur l’exposition Exhibit B de l’artiste sud-africain, Brett Bailey, exposition de tableaux vivants portant sur le thème des zoos humains qui doit être présentée au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis puis au 104, j’achève par coïncidence le visionnage d’un film appelé “We came to dance”, de Didier Volckaert, qui traite exactement du même thème.

J’ai le sentiment que s’opposent deux conclusions partant d’un même constat. Sur le fait que l’histoire de l’exploitation de l’homme – toujours minoritaire, en situation de faiblesse, accablé de tares physiques ou tout simplement différent-  par l’homme est terrible et regrettable, tout le monde semble d’accord. Sur l’analyse que l’on peut en faire, en revanche, les avis divergent. La première conclusion est celle des tenants de la censure de l’exposition de Brett Bailey : cette histoire est choquante et elle appartient aux peuples ou aux groupes de personnes qui en ont été victimes (ou plutôt à leurs descendants plus ou moins lointains). On ne peut en parler sans susciter de vives réactions. Pourtant, l’objectif de Brett Bailey est bien d’en appeler à cette indignation intérieure, de remuer les tripes, d’ajouter à l’émotion. Et pourquoi pas, du reste, n’est-ce pas la vocation de l’art ?

La seconde conclusion est qu’il s’agit de l’histoire de l’humanité, une histoire que l’on ne peut lire à la seule lumière de notre morale actuelle mais qu’il faut recontextualiser si l’on veut tenter de trouver une justesse de regard dépassant l’aspect purement émotionnel. Pour les gouvernements et les décideurs politiques du XIXème siècle, l’exposition de peuples colonisés servait d’une part à faire connaître une sorte d’exotisme aux sociétés occidentales mais aussi à asseoir l’idée d’une supériorité de civilisation. Pour les peuples occidentaux, les expositions universelles étaient l’occasion de se divertir et de satisfaire une curiosité – saine ou malsaine, la frontière est poreuse -, à une époque où l’on ne voyageait pas et où l’on connaissait peu de choses du monde, de la nature, de l’anatomie, des particularités physiques et même de la reproduction. Dans ces expositions, on y voyait toutes sortes de choses, d’expériences scientifiques, de démonstrations, mais aussi des bêtes de foire dont on ne peut que deviner le calvaire.

La tentation d’une histoire moralisante est forte, mais il faut lui reconnaître sa part de faiblesse. Dans cent ans, voire peut-être moins, nos hypothèses scientifiques, notre morale, nos modes de vie, nos reality-shows paraîtront sans doute aussi critiquables que ridicules.

Au passage, aujourd’hui, la misère pousse encore l’homme à utiliser ou à exhiber son corps pour gagner de l’argent. Au jeu du zoo humain, les règles ont donc un peu changé, mais il y a toujours des participants.

PS : La chorégaphe Chantal Loïal a créé un spectacle autour de la Vénus Hottentote qu’elle présentera le 4 décembre prochain à Saint-Louis de Marie-Galante, avant la projection du film “We came to dance” de Didier Volckaeert, cité plus haut, qui donnera ensuite lieu à un débat que j’animerai !

 

Peut-on apprendre à vivre ?

Posted on November 19th, 2014

 

seneque

Quelle est notre véritable niveau d’évolution et de sagesse, à nous fière humanité, qui n’ait été théorisé par les sages de l’Antiquité il y a deux mille ans ? La science nous met à l’épreuve, car elle permet de contourner chaque jour un peu plus les affres de la fatalité et nous laisse croire que nous n’aurons bientôt plus à lutter contre nos faiblesses. Allongement de la vie, soin d’un nombre toujours plus étendu de maladies, altération des effets du vieillissement, possibilités de communication versant à l’infini, ubiquité à laquelle il ne manque que la téléportation… Ce faisant, la science nous donne bien des outils surpuissants pour vivre plus longtemps. Mais il me semble que l’on ne vit pas tellement mieux – hormis sur le plan de la santé dans les pays riches. On passe en fait un peu à côté de notre vie, à poursuivre des chimères en oubliant que nous sommes mortels. Le moindre accident de la route vous remet les idées en place, tel un avertissement du destin. Pourquoi diable n’enseigne-t-on pas les préceptes de Sénèque dès la maternelle ? Encore qu’à cet âge, on sache bien davantage vivre qu’une poignée d’années plus tard. Sénèque, le plus grand stoïcien, dans ses 124 lettres à Lucilius, délivre un manuel de savoir-vivre qui n’a pas pris une ride. Choisir ses amis, que faire de son temps, apprendre à mourir, mépriser ce qu’ambitionne le vulgaire, ne pas dépenser sa vie en futilités, ne pas craindre l’avenir, etc.

Je vous en copie ici quelques extraits, avant que vous ne courriez chercher votre nouveau livre de chevet…

 

Lettre II DES VOYAGES ET DES LECTURES

Le premier signe, selon moi, d’une âme bien
réglée, est de se fixer, de séjourner avec soi, Or prends-y garde : la lecture
d’une foule d’auteurs et d’ouvrages de tout genre pourrait tenir du caprice et
de l’inconstance. Fais un choix d’écrivains pour t’y arrêter et te nourrir de
leur génie, si tu veux y puiser des souvenirs qui te soient fidèles. C’est
n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager
finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un ami. Même chose arrive
nécessairement à qui néglige de lier commerce avec un auteur favori pour jeter
en courant un coup d’oeil rapide sur tous à la fois. La nourriture ne profite
pas, ne s’assimile pas au corps, si elle est rejetée aussitôt que prise. Rien
n’entrave une guérison comme de changer sans cesse de remèdes ; on n’arrive
point à cicatriser une plaie où les appareils ne sont qu’essayés. On ne fortifie
pas un arbuste par de fréquentes transplantations. Il n’est chose si utile qui
puisse l’être en passant. La multitude des livres dissipe l’esprit. Ainsi, ne
pouvant lire tous ceux que tu aurais, c’est assez d’avoir ceux que tu peux lire.

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Lettre XXVI DE LA VIEILLESSE

Pensez à la mort, c’est-à-dire,
pensez à la liberté. Apprendre la mort, c’est désapprendre
la servitude, c’est se montrer au-dessus ou du moins à
l’abri de toute tyrannie. Eh ! que me font à moi les cachots,
les satellites, les verrous! j’ai toujours une porte ouverte. Une
seule chaîne nous retient; c’est l’amour de la vie. Sans la briser
entièrement, il faut l’affaiblir de telle sorte, qu’au besoin
elle ne soit plus un obstacle, une barrière qui nous empêche
de faire à l’instant ce qu’il nous faut faire tôt ou tard.

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LETTRE III : DU CHOIX DES AMIS

…si tu tiens pour ami l’homme en qui tu n’as pas autant de foi qu’en toi-même, ton erreur est grave et tu connais peu le grand caractère de la véritable amitié. … Or ils prennent au rebours et intervertissent leurs devoirs ceux qui, contrairement aux préceptes de Théophraste, n’examinent qu’après s’être attachés et se détachent après l’examen. Réfléchis longtemps sur l’adoption d’un ami ; une fois décidé, ouvre toute ton âme pour le recevoir ; parle aussi hardiment devant lui qu’à toi-même. Vis en sorte que tu n’aies rien à t’avouer qui ne puisse l’être même à ton ennemi ; mais comme il survient de ces choses que l’usage est de tenir cachées, avec ton ami du moins que tous tes soucis, toutes tes pensées soient en commun. Le juger discret sera l’obliger à l’être. Certaines gens ont enseigné à les tromper en craignant qu’on ne les trompât, et donné par leurs soupçons le droit de les trahir.

Ces lettres sont consultables sur un site dédié à Sénèque

Ma lecture du moment : “Le religieux après la religion”, de Luc Ferry et Marcel Gauchet

Posted on November 14th, 2014

ferry gauchet

 

Qui ne connaît pas cette citation de Malraux :”Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas“. Variantes possibles : religieux, mystique… Bien sûr, on sait aussi que l’authenticité de cette phrase fait débat et l’on souhaiterait peut-être que j’en donne un avis de l’intérieur. Je n’en ferai rien, n’en ayant pas besoin (et sans doute pas les moyens)  car ce qu’il signifiait réellement, il l’a déjà dit à Pierre Desgraupes en 1975 dans Le Point « Je n’ai jamais dit cela, bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un évènement spirituel à l’échelle planétaire ».

En tout état de cause, eh bien au XXI ème siècle, nous y sommes. Et force est de constater que partout, l’on assiste à un essor des “éveils” spirituels et religieux, et que ces prises de conscience tournent à l’affrontement. L’époque contemporaine, paradoxalement, est donc celle de la quête de sens et de dépassement  de soi, mais cette quête post-moderniste où prime l’épanouissement des individualités est guetté par l’obscurantisme le plus primaire sous la forme des fondamentalismes. Chacun de nous ressent à la fois la contagion de ce besoin de sens et le danger que représentent les dogmes spirituels qui s’imposent comme dominants.

Pour éclaircir ces questions et ouvrir des perspectives d’avenir qui ne soient pas celles du chaos et du choc des spiritualités, je recommande vivement la lecture de l’ouvrage “Le religieux après la religion”, de Luc Ferry et de Marcel Gauchet. C’est en fait la retranscription d’un débat ayant eu lieu à la Sorbonne en 1999, opposant radicalement les deux penseurs, autour du constat que l’on assiste en même temps à la mort de Dieu et au retour du religieux. Pour Ferry, notre humanité devient celle d’un “homme-Dieu”, où la religion peut trouver sa forme la plus authentique, une religion qui resterait à bâtir et qui serait conforme à l’aspiration humaine. Pour Gauchet, il existe une interprétation non religieuse de la transcendance. On vit plutôt l’avènement d’une humanité de l’homme sans Dieu. Il souhaite plutôt définir ce que peut-être la quête de sens dans un monde désenchanté. Les deux philosophes s’affrontent brillamment et défendent leurs positions en jetant leurs lumières sur ce qui peut nous arracher à la finitude de notre condition. Passionnant débat que celui  portant sur la place du sacré à l’âge laïc ! Une grande source d’inspiration.

De l’inutile sanctification de nos décisions…

Posted on June 11th, 2014

Big-Ben-clock

 

Ce n’est pas parce que c’est l’été, que l’air est au renouveau et que les gens pensent davantage à se reproduire que je pense à ça. Ça quoi ? L’inutile sanctification de nos décisions ! Une certaine apologie de la légèreté ! En fait, le récent festival Terre de Blues m’a rappelé la grande diversité des styles musicaux que j’avais aimés et défendus (du classique au dub et au reggae en passant par la bossa nova et l’électro) et soudainement, il m’est apparu qu’à chaque époque de ma vie correspondait un style musical…  J’avais parlé du temps, il y a quelques mois, et de la nécessité d’en faire un allié. Aujourd’hui, je voudrais évoquer plutôt ces nombreuses vies que contient notre propre vie. Notre capacité à nous réinventer. Nos potentiels d’apprentissage. Et la force de l’amour pour nous accompagner tout au long des chapitres du grand livre que chacun écrit sans s’en rendre compte.

La trentaine passée, on se dit que l’on est une personne finie et que les bases, affectives, professionnelles, personnelles, on les a posées. Que maintenant, il est temps d’approfondir. De vivre ce pour quoi on était fait. En fait, ce sentiment est une histoire que l’on se raconte à soi-même pour une raison que je n’ai pas encore cernée. Ou est-ce une histoire que la société nous raconte ?

Autour de nous, il est évident que la seule constante est le changement. Or, nous nous excluons de ce changement, comme si nous étions des aliens plantés profondément dans un bloc de ciment et que la seule évolution possible était la décomposition. A la trentaine, à la quarantaine, nous avons déjà eu plusieurs vies, parfois même plusieurs mariages. Et pourquoi cela devrait-il changer ? Pourtant, quand nous nous regardons dans le miroir, nous nous voyons comme des personnes complètes, comme dans le chapitre principal – en intensité, en longueur – de notre vie. Mais dans dix ans, n’est-il pas à parier que nous verrons ce que nous vivons aujourd’hui comme un épisode plus ou moins heureux, et que nous serons déjà, en partie, d’autres personnes ? Et à quatre-vingts ans ? Il est probable que nous penserons encore à ce que nous faisions dix ans plus tôt avec distance et sans doute le sentiment d’avoir été alors bien différent. Il me semble que le temps est une force infinie, qui nous porte, nous nourrit et nous donne la force d’accepter les difficultés et de nous réinventer sans cesse.

J’y pense, parce que nos décisions, aussi lourdes soient-elles chaque jour, seront de toutes façons inscrites sur une autre grille de lecture dans quelques années. Et plutôt que porter au quotidien le poids du doute et de l’angoisse dès qu’un nouveau choix se présente, nous devrions croire en nous-mêmes, savoir que nous ne sommes pas au bout de notre potentiel et profiter du présent.

Il me semble tout de même que dans ce magma instable et intense qui caractérise notre existence, seuls l’amour, la générosité et la bonté ne prennent pas une ride. Comment regretter les décisions prises sur la base de ces motifs ? Même si ces sentiments sont un jour déçus, ils sont irréfutables ! Je pense aussi aux coups bas, les pires, les plus sournois, que la vie réserve, hélas, également. Le poids de la perte, de l’absence permet parfois, avec le temps, de devenir une meilleure personne, de découvrir que le pardon c’est l’amour de l’autre et de soi, et pour ceux qui ont le talent du bonheur, de devenir plus heureux. Alors un mot : confiance ! Et musique avec l’incroyable Flavia Coelho, ma plus récente découverte qui résume à elle seule plusieurs chapitres de ma vie…

 

En avant-première, gagnez un exemplaire du recueil “Etre(s) de Guadeloupe” !

Posted on May 19th, 2014

etres-de-guadeloupe

 

Je l’attends depuis un bon moment, ce recueil de portraits, tirés au fil du temps et dont l’édition a mûri tout doucement, comme un graine qui germe sans qu’on la regarde. Enfin, enfin… roulement de tambours… il arrive en Guadeloupe cette semaine !!*

Pour fêter cela, je voudrais vous offrir le champagne, mais pour faire plus simple, je vous propose de trinquer en participant à un petit jeu qui pourra vous faire gagner un exemplaire de ce recueil !

Il suffit de répondre (ci-dessous, en commentaire à cet article) à une question + de relayer ce jeu sur votre page facebook !  A la fin de la semaine, parmi les gagnants, 3 seront tirés au sort !

Et la question est :

Quel est le fil d’Ariane des personnalités mises en avant dans le recueil “Être(s) de Guadeloupe ?”

Indice (avec clin d’œil discret) : la réponse est à un clic, sur le tumblr du livre, il faut lire un peu (beaucoup) partout, et ne pas avoir peur de la couleur…

 

* “Être(s) de Guadeloupe” est déjà disponible sur le site des éditions Orphie, et sera en vente en France métropolitaine à la rentrée prochaine…