Apprends-moi à porter ton petit poids dans ce panier de nylon à roues trop larges pseudo tous trottoirs dans cette ville que je ne connais plus et qui t’appartient désormais. Apprends-moi petit toi si peu moi à t’immiscer dans ma vie dans ma chambre dans mon lit. Apprends-moi à choisir le lent le mou le néant à l’instant fugace où je me sens moi. Apprends-moi à courir sur douze centimètres cinq cent vingts millimètres à bout de bras. Apprends-moi à pleurer sans souffrir sans comprendre à souffrir à mots bas à maux tus. Apprends-moi que la vie c’est toi maintenant qu’avant c’est over forget it. Apprends-moi à sourire quand tu dors parce que, à te serrer contre moi contre le monde contre toi. Apprends-moi à t’aimer sans vice sans versa. Dis-moi qui je suis pour toi non ne le dis pas dis-moi qui est la plus belle quand je me mire dans tes prunelles de soie. Apprends à m’aimer sans tarder à savoir que pour toi je suis tout. Apprends-moi à vivre ce ménage à trois entre deux rives entre deux nuits entre eux deux. Pourquoi ne sais-je pas tout ça moi qui étais là avant toi madame le baron madame le marquis pourquoi ma vie d’avant me démunit pour toi me désunit à vous me punit de n’être que moi? Je veux boire tous ces coups qui pleuvent de toi je veux croire qu’on me regarde à Bastille mais non c’est encore c’est toujours c’est juste toi. Je veux que tu me serves autant que je te sers à boire et à manger. Doublons la queue crois-moi crois vite arrête d’être fragile j’ai besoin de toi. Prends-moi. Prends-moi dans tes bras.